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Temps anciens / Temps modernes

I. Temps anciens

Le besoin de danser est l’un des instincts premiers de l’espèce humaine. Il a été dit que « danser est plus vieux que toute chose, à part manger, boire et faire l’amour » et que « le rythme est la vie »…et le rythme est la base de la danse.

C’est un fait que l’émotion pousse le corps au mouvement. La civilisation et son conditionnement ont appris aux gens à supprimer cette réponse naturelle, mais le besoin primitif est toujours le même. L’homme préhistorique exprimait son émotion par des mouvements dans les jours où le langage venait à peine de naître. Des dessins rupestres représentent des hommes en train de danser, et leurs danses sont, à peu de chose près, toujours une sorte de mime, une représentation extériorisée de leurs vœux et pensées les plus profonds.

Quand les temps vinrent où le langage fut développé, le besoin immédiat du mime et du mouvement n’exista plus. Toutefois, les mouvements d’expression des premiers hommes continuèrent, même si ils cessèrent d’être spontanés, et devinrent d’abord formels, puis finalement traditionnels. Ils furent adaptés comme une partie des coutumes de la tribu, et bien que souvent leurs origines furent oubliées, ils se survécurent et devinrent les fondements des danses folklorique.

Le désir de bouger en réponse à une émotion est un fait physiologique qui survivra (ne cherchons pas comment il pourrait être supprimé) aussi longtemps qu’il y aura des hommes. La persistance du rythme, et son association intime avec le sexe et la vie elle-même, est indéniable, et lorsque rythme et mouvement sont associés, la danse naît.

Il ne fait aucun doute que ce désir de mouvement rythmique combiné à l’instinct commun qui est inné dans presque tout être humain, fit que ces grossières danses populaires survécurent à cette triste période de l’Histoire nommée « le Haut Moyen Age ». Pendant toute cette première partie du Moyen Age, écrit M. Pérugini dans son « Spectacle de la Danse et du Ballet », la danse elle-même pouvait toujours être trouvée dans chaque pays, sous forme de « populaire traditionnel » ou de « danses nationales » spécifiques au terroir ; et de plus, la danse était le trait dominant de la plupart des journées de festival religieux, particulièrement en Italie, France et Angleterre. La danse peut avoir langui durant cette sombre première partie du Moyen Age, mais elle n’est certainement pas morte. Ce que furent les danses de cette longue époque (en gros, du début de l’ère chrétienne jusqu’au 14ème siècle) nous ne le savons pas, ou en tout cas, avec moins de certitude que pour celle de la Grèce Antique, et simplement par manque de représentations picturales dans lesquelles la période helléniste de la danse est si riche. En réalité, il fallut attendre le 15ème siècle pour commencer à trouver des notations sur les danses réellement en vogue alors, ou tout témoignage sur la popularité de la danse, conservé sous la forme de « permission » ou « d’interdiction » ecclésiastique.

Nous obtenons notre première connaissance réelle des premières « danses de société » vers la fin du 16ème siècle, grâce à un prêtre, Gehan Tabourot qui, sous le nom de plume « Toinot-Arbeau », publia en 1588 son « Orchesographie ». Cet ouvrage devrait être connu de tout professeur de danse.

Arbeau lui-même vivait à une époque de transition où la plutôt solennelle « basse danse » qui avait tenu si longtemps, laissait progressivement la place au plus vivant « branle ». Il est intéressant de noter que chaque province avait son propre « branle », et que la « gavotte » qui est décrite par Arbeau, était un « branle » de Provence dansé à l’origine par les habitants de Gap, et le « menuet » un « branle » du Poitou. Parmi les autres danses décrites par Arbeau, on trouve la « pavane » et la « gaillarde ». Shakespeare nommait cette dernière le « cinq pace » car elle était composée de 5 pas.

Même en ces jours dont parle Arbeau, une technique était lentement élaborée par les « Maîtres de Danse » de l’époque, mais il fallut attendre la seconde moitié du 17ème siècle, après que Louis XIV eût fondé son « Académie Royale de Musique et de Danse », pour que des règles rigides et fixes d’exécution de chaque danse soient établies par les membres de l’Académie, et les « cinq positions de pied » formulées pour la première fois. Ce furent les jours bénis du Menuet et de la Gavotte. Le Menuet, à l’origine une danse paysanne ou folklorique du Poitou, fut introduit à Paris en 1650 et , plus tard, mis en musique par Lulli, et dansé par le Roi en public. On peut dire qu’il a dominé les salons depuis cette période jusqu'à la fin du 18ème siècle.

Les ballet présentés au siècle de Louis XIV se composaient d’une série « d’entrées » telles que le Menuet et autre danse de l’époque. Ces danses étaient donc spectaculaires autant que personnelles et, étant spectaculaires, devaient être tournées en dehors, de façon à créer une « ligne plus gracieuse » et plusieurs pas purement « décoratifs » tels que « entrechats » et « cabrioles » étaient exécutés.

Le premier clivage défini entre le « Ballet » et le « Salon » se produisit quand les danseurs professionnels apparurent dans les ballets, et les ballets délaissant le « court » montèrent sur la « scène », mais l’influence de la technique du ballet se maintint pendant plus de deux siècles et, vers la fin de l’Ere Victorienne, les Maîtres de Danse basaient encore leur enseignement sur les « cinq positions en dehors » de la scène.

Danse Bachique

Satyre et Dryade
Danse Etrusque
David devant l'Arche
Salomé
Danseuses Egyptiennes

II. Temps modernes

Quand le ballet « monta » sur scène, sa technique devint considérablement enrichie et, bien que « la danse du salon » suivît les instructions des maîtres de danse qui réglementaient aussi le ballet, l’émergence d’une nouvelle technique était déjà prévisible. Ce ne fut pourtant que quelque deux cent cinquante ans plus tard que cette technique vint à exister réellement.

Nous vîmes les premiers commencements de la danse moderne quand, en 1812, la tenue moderne fit son apparition dans nos dancings avec la Valse. Nous connaissons tous l’orage de protestations qui se produisit à cette époque.

Il y a eu, dans le passé, quelques différences d’opinion quant à l’origine de la Valse. Les Français la remontent à la « Volta », une danse tournante à mesure triple qui vint d’Italie en Provence quelque temps avant qu’Arbeau n’écrive son « Orchesographie », dans laquelle elle est complètement décrite. La Volta est mentionnée par Shakespeare et était une danse favorite, tant de la Reine Mary, Reine d’Ecosse, que de la Reine Elisabeth. A cause de la manière dont l’homme retournait sa partenaire dans le « Saut Major », la Volta, si nous devions croire Arbeau, était une danse quelque peu inconvenante. Il est plus admis, de nos jours, de remonter l’origine de la Valse aux « Landler » du Sud de l’Allemagne, et elle fut mentionnée pour la première fois vers l’année 1780.

Thomas Wilson, un maître de danse Anglais du King’s Theatre, dans un livre sur « Valser », publié en 1816, écrit : « La Valse est une danse qui trouve son origine chez les allemands, ayant été d’abord introduite en Souabe, l’un des neuf cercles d’Allemagne. Ensuite, elle passa dans les provinces voisines, puis dans le Continent Européen. Son mode d’exécution originel a été non seulement grandement amélioré, mais des additions à ses principes ont été faites, pour en faire la danse la plus élégante et la plus agréable. »

A la fin de l’Ere Victorienne, la danse de dancing avait tendance à stagner, probablement en raison de l’absence de tout nouveau développement. Le « Two-Step » nous vint de New York, mais c’était encore un académique « chassé à trois pas » : le Washington Post fut renommé pendant un saison, et la Barn Dance eut une certaine popularité. Il fallut cependant attendre que notre siècle eût quelques années pour qu’une nouvelle façon de danser la musique de Valse, connue à cette époque comme le Boston, et l’arrivée du Rag, amènent une nouvelle vie dans un art stagnant. Ces innovations plurent à une plus jeune génération qui était lassée de l’éternelle Valse Rapide jouée par les nombreux orchestres hongrois, et la danse de bal reprit un frais regain de vie.

La jeune génération, cependant, qui dansait dans les clubs avant la guerre de 14, se rebellait contre la technique artificielle des professeurs « anciens temps », avec ses « cinq positions » et ses « jolis » mouvements. La venue de la Première Guerre Mondiale, qui fit passer par-dessus bord les vieilles institutions, encouragea cette rébellion et il fut introduit par les danseurs eux-mêmes, notez, un style libre et facile « faites comme vous aimez », basé plus ou moins sur les mouvements naturels utilisés pour la marche. La venue du Fox-trot en 1914 mit le vent en poupe à la rébellion et tua l’empire de la technique « ancien temps ».

Pendant un temps, une sorte de chaos exista, mais, peu d’années après l’Armistice, l’amour de l’ordre qui semble être inné chez l’Anglais, repris ses droits. Une direction fut donnée aux danseurs par une Conférence Informelle de Professeurs, largement suivie, convoquée par le « Dancing Times » en 1920, au cours de laquelle quelques essais furent faits pour « standardiser » les pas de danse du Fox-trot et du One Step. Une nouvelle hiérarchie de Professeurs de Danse de Bal se fit jour. Ces professeurs-là furent les premiers danseurs du monde à reconnaître la cassure avec la vieille tradition, et à développer et codifier une technique moderne de danse de bal basée sur le mouvement naturel, avec les pieds en alignement.

Ils formèrent le premier Comité de la « Branche Dancing » de l’Imperial Society of Teachers of Dancing (I.S.T.D.). Le style qu’ils codifièrent, et qui a été depuis si hautement développé, est ce que nous appelons aujourd’hui le « Style Anglais » et, avec une possible exception des Etats-Unis, il a influencé la danse de bal à travers le monde entier.

Galop
Valse à 3 temps
Le pas des Lanciers
Les Apaches
Le Cake Walk